Tom Ford, réal ! La nouvelle peut surprendre mais ce n’est pas un scoop. Le Tom Ford créateur ne s’est en effet jamais caché de sa passion pour le 7ème art : « C’est l’acte créateur par excellence : il faut créer les costumes, créer tout un monde, décider de la vie et de la mort des personnages. Et le cinéma a une dimension de permanence qui est absente de la mode », avait-il déclaré. Son Myspace, bien à jour, indique sans détour « profession : créateur/réalisateur ». Et dans la catégorie films préférés : « tous les films intelligents et bien ficelés ». De quoi nourrir de grandes espérances sur cet esthète, connu pour jouer de son image avec brio. Tom Ford est-il le prochain John Ford ?
Le tournage du film, dirigé par Tom Ford, a lieu actuellement à Los Angeles et fait déjà beaucoup jaser. Sans blague ! Le buzz aurait débuté par une info postée sur le site du Women’s Wear Daily fin 2008 (magazine américain de référence sur le monde de la mode). Son titre ? A Single Man. Ouvertement gay, celui qui endosse aujourd’hui le costume de réalisateur aborde le thème de l’homosexualité à travers son premier long métrage adapté du roman éponyme de Christopher Isherwood (1964). Le pitch ? Un homosexuel tente, après la mort de son compagnon, de surmonter le poids du quotidien. Pour ses premiers pas au cinéma, l’ex-directeur artistique de Gucci s’offre un casting sur mesure avec en tête d’affiche, le talentueux acteur britannique Colin Firth. Plus coutumier des rôles de jeune premier dans Bridget Jones ou encore Love Actually, il est ici à contre-emploi comparé au reste de sa filmographie. Il est, dans A Single Man, Georges, un professeur anglais en deuil, installé à Los Angeles. A ses côtés, Julianne Moore et le jeune Matthew Goode qui interprète le défunt amant.
Une double casquette endossée avec panache
Tom Ford pour ce premier coup d’essai ne s’est pas contenté de réaliser. Il a également assuré la réécriture du scénario avec un certain David Scearce. Le projet n’est pas sorti comme par magie du chapeau… Pas le genre du bonhomme. Non seulement Tom Ford est perfectionniste mais c’est un vrai bourreau de travail. Dès 2004, date à laquelle il doit quitter le groupe Gucci où il a exercé ses talents de créateur et communicant pendant dix ans (notamment comme directeur artistique de la branche prêt-à-porter YSL après le rachat de la marque en 2000), l’idée est en germe. Loin de se démonter, le texan multiplie les activités. Il lance sa marque en nom propre – avec ouverture de boutique en plein Manhattan dans la foulée et une autre probable en 2009 sur Rodeo Drive – et crée sa propre boîte de production « Fade to Black » en association avec Chris Weitz (« American Pie »). C’est grâce à cette société indépendante, basée à LA, qu’il peut financer le film aujourd’hui.
Tom Ford moulé pour le cinéma
Le monde du cinéma lui avait déjà fait de l’œil. Certes, Tom Ford a un physique d’acteur, mais du haut de ses 47 ans, il l’avait jusqu’à présent plutôt côtoyé en coulisses. Pour les besoins du dernier James Bond (Quantum of Solace), c’est lui en personne qui a imaginé en exclusivité pour l’agent secret le plus sexy de la planète complets, chemises, cravates et lunettes de soleil. Ca tombait bien puisque le beau Daniel Craig était fan depuis longtemps de ses collections. On avait jugé sur pièce, 007 tombait bien la veste et le pantalon moulant conformément aux codes de la silhouette Tom Ford « metrosexuelle » au possible. Jouera-t-il de son sex appeal au cinéma comme il l’a fait pour séduire le monde de la mode ? A suivre… Il ne reste qu’à souhaiter à ce dernier le même succès avec ce film qu’à la direction artistique du célèbre groupe italien où il avait réussi à imposer son style à la fois « classe et sexe ».
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