Nuits de Satin

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Une boutique comme un petit musée regorgeant d’objets rares. Bienvenue au paradis de la lingerie vintage. Dissipons d’emblée les doutes éventuels : les modèles n’ont jamais été portés. Pour ceux tout droits ressuscités des années 20-40, ils proviennent des trousseaux de jeunes filles de la « haute », à partir des années 50 et au-delà. C’est sur les fonds de stocks que Ghislaine Rayer, la patronne, mise pour étoffer sa collection personnelle déjà riche de plus de 10 000 pièces soigneusement entreposées depuis l’âge de 14 ans. Les doublons sont destinés aux boutiques (il en existe deux autres à Paris sous le même nom). Pour la petite histoire, c’est dans son propre cabinet d’assurance (son vrai métier qu’elle continue d’exercer parallèlement à sa passion) qu’elle a rencontré son associé, ancien cameraman du plus fameux de ses clients, Johnny Hallyday ! Et de lancer bientôt sa propre ligne dans un esprit rétro. Chemises de nuit, soutiens gorge, bas de soie d’époque n’ont en tout cas pas pris une ride. D’un point de vue technique, leur qualité était même bien supérieure d’après Ghislaine Rayer : la marque Star, chérie de ces dames jusque dans les années 50 avant de disparaître complètement, vaut de l’or tel ce combiné – guêpière zippé devant et rebrodé de perles noires. Le plus cher des Nuits de Satin (490 euros). En vente aussi des œuvres d’art qui habillent les murs roses et des vêtements sublimant les dessous.
A.K
Nuits de Satin 5, rue Jean Bologne, 16ème 01 45 27 27 45

Quand le cinéma parle de mode

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Glamour, paillettes et recherche esthétique… Des caractéristiques qui sied autant à l’univers de la mode qu’à celui du 7ème art. De Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? à Blow-Up en passant par Prêt-à-porter, certains films justement ont fait de la mode leur sujet. Si pour Robert Altman, le réalisateur de Prêt-à-porter, le monde des médias est devenu le lieu de l’événement, William Klein, lui, filme à travers Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? la manière dont l’artiste intégre la logique médiatique à son travail. Loin d’être une apologie du monde de la mode, ces long métrages le présentent au contraire sous des dehors pas toujours flatteurs.

1966 : Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? (Prix Jean-Vigo)
1966 : Blow-Up de Michelangelo Antonioni (Palme d’or au festival de Cannes).
1994 : Prêt à porter de Robert Altman

Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?

L’intrigue. L’histoire se partage entre le monde de la publicité, de la mode et de l’ORTF. Polly Magoo, mannequin vedette du créateur révolutionnaire Isidore Ducasse, est scrutée sous tous les angles par une équipe de journalistes télé (Jean Rochefort en réalisateur et Philippe Noiret en interviewer). Alors que la jeune femme fait l’objet d’un reportage télévisé baptisé « Qui êtes-vous ? », le prince héritier s’éprend du mannequin Polly Maggoo.

Mode et cinéma entretiennent des rapports tumultueux chez Klein. William Klein se lance au début des années 1960 dans la réalisation de sa première oeuvre de fiction et ne s’arrêtera plus de tourner. Mais il s’est d’abord fait un nom en tant que photographe chez Vogue.

C’est le premier film qui prend pour théâtre les coulisses de la mode. Les tenues en taule portées par Polly Maggoo sont imaginaires mais préfigurent le stylisme d’un Paco Rabane. L’héroïne est interprétée par une authentique mannequin-vedette, Dorothy MacGowan. Son personnage est inspiré par le parcours de Twiggy, véritable égérie des créateurs de l’époque. William Klein aborde le sujet du mannequinat à un moment où les agences n’existent pas encore (Polly Maggoo travaille à son propre compte).

Les limites entre fiction et réalité sont sans cesse brouillées. Dans la géographie également, toute ressemblance avec des lieux réels n’est pas fortuite : l’hôtel où vit Polly hébergeait vraiment des mannequins. Ce film à l’esthétique pop affirmée s’amuse à caricaturer la haute couture mais aussi la télévision, une parodie poussée jusqu’à l’autodérision. Polly Maggoo vaudra à William Klein la fin de son contrat de photographe chez Vogue. Ses rapports ambigus, faits d’attirance et de répulsion, lui ont souvent été reprochés. Travailler dans la mode était un moyen pour lui de financer les projets qui lui tenaient à cœur (la réalisation de ses livres sur Rome, Moscou et Tokyo). Il s’en expliquera plus tard dans « In and Out of fashion », où il fait le point sur quarante années de relations tumultueuses à l’égard de la haute couture. Son point de vue évolue néanmoins avec l’arrivée d’une nouvelle génération de créateurs (Alaïa, Gaultier… ) proposant une mode plus ludique.

Blow-up

L’intrigue. L’action de ce film italo-britannique se situe dans le Londres des années 60. Thomas, un photographe en vue joué par David Hemmings, se rend un matin dans un parc pour prendre des clichés. Thomas photographie de loin un couple qui s’embrasse. La femme, Jane, s’aperçoit de sa présence et lui réclame les négatifs mais Thomas s’y refuse. Jane le retrouve dans l’après-midi, et va jusqu’à s’offrir à lui en échange des pellicules. Il développe les photographies du parc en procédant à des agrandissements successifs (le sens de blow-up en anglais), et réalise qu’il a en fait été le témoin d’un meurtre. Il se rend sur les lieux et découvre le cadavre que ses photographies lui ont révélé. De retour chez lui, il trouve son atelier vide : clichés et négatifs ont été volés. Désemparé, il cherche en vain conseil auprès d’un ami. Au petit matin, il découvre que le corps a lui aussi disparu. Blow-Up ne bascule jamais pour autant dans le registre policier.

Un film très stylé. Peu de dialogues, une trame narrative réduite mais un film dont l’esthétique a laissé une emprunte durable. C’est à Londres qu’Antonioni tourne « Blow-Up », marqué par les débuts de la révolution sexuelle et de la pop music. Pour créer le personnage principal, Thomas, Antonioni s’est inspiré du photographe anglais David Bailey, mais le magnifique studio du film est celui de John Cowan, un confrère moins illustre. La tendance dandy mods bat alors son plein. Avec son jean 501 Levi’s blanc porté serré, son gros ceinturon et sa chemise bleue, Thomas en est l’archétype. Le look Mods rime aussi avec boots haute et zippée, cheveux en bataille, veste trois boutons. Les filles arborent des robes courtes et flashy, ont les cheveux crêpés et des cils démesurés.

La scène la plus « fashion » – une des plus célèbres du film – correspond à la séance photo avec Verushka, prenant des postures des plus suggestives dans une robe très dénudée devant l’objectif aux aguets de Thomas. La vamp Veruschka, mannequin à la ville, joue son propre rôle dans Blow-Up. Une autre séance photos se succède avec cette fois une brochette de modèles dont les tenues rivalisent de fantaisie. Incarnée notamment par Jane Birkin, la figure de l’adolescente qui pose, elle, pour des catalogues (et non des magazines, nuance…) en petite robe trapèze. Plus sage en apparence seulement puisqu’elle finit quasi nue.

Avec le succès international que connaît Blow up grâce à sa palme d’or, la vogue Antonioni est alors à son sommet.

Prêt-à-Porter

L’intrigue. À Paris, pendant les collections de haute couture, Olivier de La Fontaine, patron de la Chambre syndicale du prêt-à-porter, s’étouffe en mangeant un sandwich. Tandis que mannequins, journalistes et stylistes s’affolent pour les défilés, la police enquête…

Les coulisses de la mode parisienne. Le propos du film : la mode a pris une place considérable dans nos sociétés. La caméra de Robert Altman pénètre les coulisses des grandes maisons de couture, quittant les salons feutrés et intimistes des ateliers pour les grands shows que sont devenus les défilés. On y voit les supermodels du moment – Claudia Schiffer, Linda Evangelista… – parader lors des défilés notamment Christian Lacroix et Sonia Rykiel. Cette dernière apparaît même dans le film Prêt-à-porter de Robert Altman où elle joue son propre rôle (sa fille a été engagée comme consultante artistique du film). Et toute une brochette de stars : Mastroianni, Loren, Basinger, Cassel, Aimée.

Altman prend un malin plaisir à exposer ces scènes de la vie parisienne. Et emprunte au vaudeville : la scène du président de la chambre syndicale de la mode qui s’étouffe mortellement, la guéguerre que se livrent créateurs, journalistes et photographes… pour montrer les limites du glamour. À travers ce personnage, c’est toute la haute couture elle-même qui est ridiculisée.

On en a beaucoup voulu en France à Robert Altman de s’être attaqué au milieu de la mode. Ce dernier rétorque qu’il s’intéresse davantage « à la nudité qu’aux vêtements ». La scène finale montrant un défilé de corps nus, et une foule qui éclate en applaudissements résume bien le propos. D’où l’affiche (des modèles nus dont on ne voit pas la tête) et le slogan : « une tenue correcte sera exigée à l’entrée ». Le ridicule n’est jamais loin… C’est ce que semblent résumer en définitive toutes ces œuvres qui se sont imposées, elles, comme des références incontournables dans les annales du 7ème art et dans une certaine mesure de la … mode.

Sex and the City : pubs de luxe (Fashion and stars, Mai 2008)

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Le phénomène tant attendu débarque sur nos écrans le 28 mai. Sex and the City ou l’histoire de Carrie et de sa bande de copines, femmes indépendantes en quête de l’âme soeur, fashionistas devant l’éternel, à l’assaut de Manhattan. Parce qu’on a toutes en nous quelque chose de Carrie, Samantha, Charlotte et Miranda, on a hâte. Et on n’est pas les seul(e)s : les publicitaires aussi ! Ces derniers l’ont bien compris : le phénomène d’identification jouant à plein aussi bien chez des jeunes filles de 20 ans que pour des femmes d’âge mûr. Nul n’ignore que chaque épisode de la série d’abord diffusé sur la chaîne américaine HBO puis à travers le monde avec le succès que l’on connaît donne lieu à une débauche d’effets de toilette qui n’a rien à envier au « red carpet » cannois et que chaque apparition de ces dames et en particulier Carrie qui joue le rôle d’une journaliste est, tant dans les dialogues que vestimentairement parlant, très soignée. A tel point que Patricia Field, la styliste de la série (métier d’ordinaire peu exposé aux feux de la rampe), s’est fait un nom ainsi. Avec l’adaptation de la série au cinéma, c’est l’apothéose. A en croire les rumeurs, les marques de luxe sont prêtes à tout ou presque pour faire figurer leurs produits au générique (ce qu’on appelle dans le jargon publicitaire le « placement de produits »)… Certains allant même jusqu’à faire intervenir de puissants lobbys. « Dix propositions par jour, un téléphone qui sonne constamment depuis cinq mois… » confie dans les colonnes du Figaro Anne Sanchez de Metropolitan, chargée par le distributeur français de trouver des sponsors, et confronté à l’excès inverse. Sarah Jessica Parker, qui n’est pas seulement l’héroïne du film mais la productrice, a souhaité limiter au minimum les marques bénéficiant du droit d’associer leur nom. Enfin… 163 marques ont tout de même été retenues d’office pour les besoins du scénario (certaines mentionnées dans les dialogues, d’autres n’apparaissant qu’à l’écran) ! Carrie Bradshaw porte une robe de mariée Vivienne Westwood, car le moment est venu pour la plus célèbre célibataire de New York d’unir son destin à qui l’on devine (laissons planer le doute pour ne rien dévoiler du scénario). Pour ne citer que les plus connues, Chanel, Dior, Fendi, Jimmy Choo, Manolo Blahnick… La liste est longue. Et la facture pour les marques corsée : 23 millions de dollars en tout. Un record toute catégorie. Mais seule une poignée d’élus – 8 marques dont Sephora, Mercedes, American Airlines, Habitat, Packard Bell et Swarovski en France – pourra bénéficier du statut « VIP » de partenaires officiels. Ces dernières pourront utiliser la mention « Sex and the City » dans leurs opérations marketing et publicité. Sephora, par exemple, n’a pas lésiné sur les moyens pour draguer la production. Les 222 magasins français seront décorés aux couleurs « Sex and the City » (c’est-à-dire dans les tons rose) un mois avant sa sortie. Des maquillages inspirés par les looks de chacun des personnages seront proposés. Sans oublier un jeu-concours avec à la clé un séjour pour quatre copines à New York… Un sacré investissement mais il faut croire que le jeu en vaut la chandelle. La concurrence entre les marques a beau être rude, aucune ne pourra voler la vedette à la belle Jessica, plus connue sous le nom de Carrie Bradshaw !

Toutes des cochonnes ! (Madame Figaro)

mars 24, 2009 par audreykhalifa

La journaliste new-yorkaise Ariel Levy n’est pas tendre envers ses compatriotes du « sexe faible ». Dans son livre « Female chauvinist pigs », les Pamela Anderson, Paris Hilton et consorts en prennent pour leur grade.  A travers elles, en toile de fond, une critique acerbe de la culture américaine gagnée par le tout porno. Ses égéries n’hésitant pas à s’exhiber à la une de Playboy, en dépit du puritanisme ambiant. Et ce, – un comble ! – en s’appropriant certains attributs « raunch » (machistes). Posture dépeinte avec brio dans la série Sex and the City. Loin d’être synonyme de libération, ce nouvel avatar du féminisme rime davantage pour l’auteur avec régression et  conformisme.
A.K
Ariel Levy, Female chauvinist pigs, Women and the Rise of Raunch Culture (Free Press, New York)

Opéra Bouffe (Madame Figaro, 2 avril 2005)

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Laissez tomber le smoking. Rendez-vous au Studio Bastille dans une tenue décontractée pour un … « casse-croûte à l’Opéra ». Un événement qui a lieu tous les jeudis ou presque de 13h à 14h sur le site du 12ème arrondissement. Ce ne sont évidemment pas les quelques sandwichs et douceurs proposés (avant et après la représentation) qui font tant saliver le public, mais plutôt les magnifiques concerts de musique de chambre par l’Orchestre de l’Opéra National de Paris et les rencontres avec de grands noms – chefs d’orchestre, metteurs en scène… des spectacles à l’affiche. Un vrai régal. Gratuit en plus! Cette opération de charme voulue par Gérard Mortier lui-même, directeur toujours friand de nouvelles expériences, connaît un franc succès et sera reconduite dès la saison prochaine. Loin d’avoir seulement séduite la prestigieuse institution, la formule « pause déjeuner culturelle » est au goût du jour dans de nombreux établissements parisiens.
A.K
Programme sur www.opera-de-paris.fr

Couple d’amitié (Cosmo, septembre 2005)

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Au bureau, elles se croisaient au café ou dans l’ascenseur, guère plus. Jusqu’à ce que lâchées par leur copain respectif la même année, Marion et Valérie partagent les Kleenex, les fous rires, et même un toit. Aujourd’hui, elles n’habitent plus ensemble mais dans la même rue, ne travaillent plus dans la même entreprise mais envisagent de monter une boîte. En attendant de lancer leur propre association pour promouvoir les jeunes artistes.


Marion, 32 ans, responsable marketing dans un organisme financier

Plus beau cadeau
Une culotte, enfin une jolie culotte. Les miennes sont assez nulles, je le reconnais.
Maudit souvenir:
Elle m’a entraînée dans une banlieue glauque pour un cours sur les boulettes à la viande. Le cours avait été annulé et le prof ennuyé nous a proposé un café. On avait absolument rien à lui dire. Il nous a gardé deux heures et on a eu droit à son coming out.
Bras dessus bras dessous :
Les expos d’art contemporain. On est anti-flâneries. Si on sort, c’est qu’on a quelque chose à faire.
Vous n’aimez pas qu’elle vous dise :«Tu es trop gentille avec tes mecs». En réalité, elle ne me l’a jamais dit. Mais je le sens, c’est pire.
Ce que vous n’avez jamais osé lui dire :
« Tes baskets années 80. On dirait Sue Ellen dans Dallas».
Vous détestez chez elle
Sa collection de Tupperware. Ces boîtes en plastique dont elle use et abuse. C’est moche.
Elle est une de rares à savoir… Que je ne me brosse pas les dents le soir. Enfin quand je suis fatiguée. Alors qu’elle, la guerre déclarée, elle ne descendra aux abris qu’avec sa crème de nuit, son contour des yeux….
Elle est la seule à qui…J’enlèverai les points noirs.

Valérie, 31 ans, Chef de produit

Plus beau cadeau:
Me proposer d’habiter chez elle. Quand mon mec m’a plaqué, je me suis retrouvée à la rue. Elle m’a accueilli alors qu’on était juste collègues de bureau et qu’elle a deux enfants à charge.
Maudit souvenir:
Devant «Love Actually», au lit à deux heures de l’après-midi, pleurant à chaudes larmes tellement on craquait.
Bras dessus bras dessous :
Les expos, on adore. Mais aussi les soirées DVD où, discussions animées au Vidéo, on met des plombes à choisir. Pour finir par s’endormir pendant le générique de début.
Vous n’aimez pas qu’elle vous dise :«Tu as eu des nouvelles?», «Tu l’as rappelé ?». En général plusieurs fois par jour. Elle sait pertinemment que si j’avais eu du nouveau, elle le saurait.
Ce que vous n’avez jamais osé lui dire :
MERCI.
Elle est une de rares à savoir… Que je lave mes strings à la main
Vous détestez chez elle
Qu’elle me plante quand on prévoit des sorties ensemble. Pire, qu’elle m’envoie quelqu’un d’autre à sa place comme sa cousine.
Elle est la seule à qui…J’ai proposé le pacte d’amitié quand on vivait ensemble. Serviette sur la porte signifie : pas seule, aller faire un tour. Jamais utilisé !

Sur les pas de l’Assistance aux Sans-abri

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Ils ne sont qu’une poignée. En dispensant couvertures et bonnes paroles aux nombreux sans domicile fixe de la capitale, les inspecteurs de sécurité de l’Assistance aux Sans-abri se sont rendus en peu de temps indispensables.

« Alpha 5. 45 ». Nom de code transmis au talkie-walkie par l’équipe d’Assistance aux Sans-abri (ASA) en service ce matin là. Localisations et horaires sont ensuite soigneusement consignés sur papier et relevés par le poste de commandement de la direction: « 8h22, écluse des Récollets, Paris 10e ». Moment privilégié pour réaliser leur mission de veille sociale. Avant que les SDF ne lèvent le camp pour faire la manche ou se diriger vers les accueils de jour. Passé midi, c’est trop tard : ils sont souvent bien trop alcoolisés pour réagir. Cela arrive même à Patrick*, de loin le plus « propre sur lui » des nombreux sans logis rencontrés, ragaillardi par le projet d’une escapade champêtre dans la Vallée de Chevreuse. A quelques mètres de là sous un pont, un monsieur âgé, en piteux état, somnole, emmitouflé dans des couvertures plus crasseuses les unes que les autres. Question incontournable par les temps qui courent : « Pas trop froid ? », s’enquièrent les deux membres du groupe Fillette 2 (du nom de leur base du 18e arrondissement). Non de la tête, il parle à peine le français. « Ce qui nous préoccupe avant tout, c’est leur état sanitaire. On aborde rarement les sujets intimes, plus délicats », explique Pascal, un des deux acolytes.

Repérer les personnes en situation de grande précarité, au même titre que le Samu social ou la BAPSA (Brigade d’Assistance aux Personnes Sans-abri) plus connus du grand public, occupe le plus clair de leur temps. Généralement par groupe de quatre, motivés et soudés, ils arpentent une zone entière de la capitale (découpée par leur soin en quatre parties). Résultat, 5000 contacts noués rien que sur l’année 2004. Conformément à leur statut, les Inspecteurs de Sécurité de la Ville de Paris (ISVP) rattachés à la Direction de la Prévention et de la Protection (DPP) sont habilités à intervenir uniquement dans les parcs, squares, jardins, berges, boulevards périphériques… Et à orienter les plus nécessiteux vers les différentes associations et centres d’hébergement compétents. Dans la rue où le moindre m2 d’espace un tant soit peu protégé – des intempéries, pas des dangers qui les guettent, les équipements municipaux sont pris d’assaut. Lancée il y a six ans pour s’occuper des « SDF chiens errants » (activité qui relève désormais de la police), cette unité spéciale de la DPP existe dans sa forme actuelle depuis décembre 2003. Créée en soutien au plan d’urgence hivernal, elle bénéficie elle-même depuis le 24 janvier du renfort ponctuel d’une trentaine d’agents. Sur les starting-block pour distribuer duvets et couvertures dès les premiers frimas, les 19 « ISVP » – en comptant les chefs – recrutés sur une base de volontariat, alternent terrain, tâches administratives et entraînement sportif.

La Porte de la Villette avec celle d’Aubervilliers sont les quartiers comportant la plus importante population d’exclus. Un paysage hostile, dominé par bitume et carrosseries. Et pourtant, le long des maréchaux un bidonville, mini village tsigane abritant une quarantaine de familles, plus loin encore un campement improvisé jaillissant des gravas… Dans ce no man’s land, les autres acteurs de la solidarité s’aventurent peu. Ou pas du tout comme c’est le cas des bois. Boulogne où se trouve le QG des « Paco », la plus vieille des cellules constituées, est leur domaine réservé (ils couvrent aussi le 7e, 8e, 14e, 15e et 16e). La bande de l’après-midi gare son véhicule en face du très chic Pavillon d’Ermenonville pour rendre visite à un homme dormant dans une bouche d’égout depuis une vingtaine d’hivers ! Absent, ce dernier a laissé un mot (avec écrit en gros « boulangerie ») à l’attention de ses hôtes, pas peu fiers d’avoir gagné sa confiance quand parfois des semaines ne suffisent à arracher un prénom ou un mot. Il a 80 ans. Difficile à cet âge d’envisager une réinsertion.

Possible dans une minorité de cas d’après les Paco, elle l’est quand on est « SDF ». A la différence des « clochards » que l’on imagine poussant leurs caddies et des « marginaux », susceptibles d’être agressifs. Et d’évoquer ce cercle vicieux qui commence par la perte d’un emploi, divorce ou autres et finit où l’on sait. Il y a aussi la catégorie des itinérants échappant aux statistiques et à tout suivi.

Du fait de leur uniforme bleu marine – source de confusion avec l’institution policière – et de leurs carrures imposantes, les agents de la Ville ont conscience d’intimider quand on les croise pour la première fois. D’où la volonté de multiplier les déplacements en civil sans l’arsenal habituel (arme de 6e catégorie, gazeuse, menottes, carnet de PV). Des paroles réconfortantes achèvent généralement de fendre l’armure. « Pas simple de côtoyer la misère au quotidien surtout quand elle touche des femmes avec enfants et qu’on a soi-même une famille », confesse le plus jeune. « Nous ne faisons jamais d’éviction. Tout au plus leur demande-t-on de limiter leur encombrement », poursuit-il tout en allant à la rencontre de Marie. Après une plainte déposée par des riverains (tout un fatras d’affaires et de détritus lui appartenant jonchait la pelouse des Invalides), celle-ci s’est vue intimer l’ordre de partir. Direction le parking situé en sous-sol de l’Esplanade, jouxtant un commissariat. Un nouvel emplacement qui sort du domaine de compétence strict de l’ASA. Les quatre compères sont quand même venus la voir. « Elle a la paix jusqu’au 31 mars. Pas sûr qu’elle puisse rester au-delà de la trêve hivernale ».

*Les patronymes ont été modifiés pour respecter l’anonymat des personnes citées

Mission Capitale, mars 2006

Le showcase en vedette (Madame Figaro, septembre 2006)

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Sous le Pont Alexandre III classé « patrimoine mondial de l’Unesco », se niche le nouveau temple des nuits parisiennes.  Sublime, immense, cet espace de 3000m2 réunit dans un même lieu un bar, une boite et une salle de concerts dernier cri. Toute l’originalité du concept est d’avoir été pensé comme un tremplin pour jeunes talents tout en restant ouvert aux musiciens plus que confirmés (de la trempe d’un Prince, d’ores et déjà annoncé !). Conformément au souhait de son génial inventeur, Albert Cohen, fondateur de Radio Nostalgie et producteur de la comédie musicale « Le Roi Soleil », l’établissement ne représentera à terme que la partie émergée de l’iceberg : les spectacles seront bientôt diffusés en simultanée sur le site www.showcase.fr. Tout a été prévu ou presque… En cas de crue de la Seine, le Showcase n’est pas totalement étanche !
A.K
Port des Champs Elysées, La culée du Pont Alexandre III (Rive Droite) 75008.
www.showcase.fr

Désodorisants new age (Madame Figaro)

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Tellement « has been » les sapins désodorisants qui pendouillent aux rétroviseurs. Et moches, avec ça ! De quoi stimuler la créativité de Blue Q, société made in US, qui a fait de la dérision une marque de fabrique. Servi par un graphisme kitschissime emprunté à l’imagerie américaine des années 60, l’humour potache véhiculé par ces petits objets odorants pour voitures parle à tout le monde. S’adressant aux artistes incompris, Blue Q a baptisé un de ses modèles « l’oreille de Van Gogh ». Quant à celui affichant la tête d’un policier au sourire ultrabright avec pour légende  « police are my favourite people » (les policiers sont mes personnes préférées), il est destiné aux… fayots !
A.K
En vente sur Blueq.com et dès septembre au Printemps

Top secret (Madame Figaro, 12 novembre 2005)

mars 24, 2009 par audreykhalifa

Le Milk and Honey
Le Milk and Honey n’est pas listé dans les pages jaunes. Pour se procurer l’adresse, reste le bouche-à-oreille. Tout le concept de ce bar de Manhattan tient dans sa culture du secret. Soit on est membre (300$ l’année), soit on ne l’est pas. Et si on espère passer la porte, « prendre rendez-vous » est obligatoire. A l’intérieur, interdit de parler trop fort, de porter un couvre-chef, et plus gênant pour ces messieurs, de draguer les filles. L’inverse étant encouragé. Le lieu est également connu pour ses cocktails. Et là, aucune obligation, le client est roi !
www.mlkhny.com

The Corner
Incontournable, de par la mystérieuse aura qui l’entoure comme par sa localisation à un angle très en vue de Soho – d’où son nom. De l’extérieur, on dirait un dinner. C’est un restaurant mexicain. Mais la surprise se niche ailleurs. Au sous-sol. Rien n’indique que l’endroit recèle un petit trésor, encore moins qu’on y accède par les cuisines. Et pour cause, le lieu se veut littéralement le plus « underground » du moment. Passé un escalier exigu, le spectacle d’une taverne ultra moderne aux lumières tamisées, peuplée de créatures de rêve, s’offre à nous comme par magie.
A.K